Le « Rendez-vous de la Diplomatie des territoires », organisé par Cités Unies France en partenariat avec le Sénat, s’est tenu le vendredi 25 septembre 2026, de 9h30 à 13h00, au Sénat, sur le thème : « L’action internationale des collectivités territoriales dans les zones géographiques prioritaires de la diplomatie française : à la recherche de nouvelles synergies ? ».
Ce colloque s’inscrit dans le cadre du parcours d’immersion et « Diplomates des territoires », porté par Cités Unies France.
Dans un contexte international bouleversé, les territoires réaffirment leur rôle « La diplomatie des territoires ne concurrence pas la diplomatie de l’État. Elle la complète, l’enrichit et lui offre d’autres points d’appui. » C’est autour de cette conviction que s’est ouvert, le 25 septembre au Palais du Luxembourg, le nouveau "Rendez-Vous de la Diplomatie des Territoires" organisé par Cités Unies France.
Accueillie au Sénat, cette rencontre a réuni élus locaux, représentants du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ambassadeurs et partenaires de l’action internationale des collectivités autour d’une question centrale : comment mieux articuler les priorités de la diplomatie française avec l’action internationale des territoires ?
Dans un contexte marqué par la multiplication des conflits, le retour des rapports de force, les tensions sur le multilatéralisme et l’imbrication des crises climatiques, économiques, sociales et démocratiques, les coopérations entre collectivités prennent une résonance particulière. Comme l’a rappelé l’élue représentant Cités Unies France en ouverture, lorsque les relations entre États se tendent, les liens noués entre les territoires peuvent, eux, demeurer. Les relations de confiance construites dans la durée entre élus, acteurs associatifs, universités, établissements de santé ou acteurs culturels constituent autant de points d’appui pour maintenir le dialogue.
Depuis cinquante ans, Cités Unies France joue précisément ce rôle d’ensemblier des collectivités territoriales françaises engagées à l’international : rassembler, mettre en réseau, accompagner et représenter des collectivités de toutes tailles et de toutes sensibilités, afin de leur permettre de partager leurs expériences, de coordonner leurs initiatives et de porter leur voix dans les espaces nationaux, européens et mondiaux.
Ce colloque s’est ainsi inscrit dans une réflexion plus large sur la place des collectivités dans les recompositions géopolitiques actuelles. Il s’agissait d’identifier les priorités de la diplomatie française, mais aussi de regarder concrètement comment les collectivités peuvent y contribuer à partir de leurs compétences, de leur expérience et de leur capacité d’initiative. L’Afrique, l’Indopacifique, l’espace transatlantique ainsi que l’engagement des collectivités au sein des grands réseaux mondiaux ont constitué les principaux espaces de réflexion de cette matinée.
Au-delà des constats, l’ambition était donc de faire émerger de nouvelles synergies entre diplomatie de l’État et diplomatie des territoires, en identifiant les convergences, mais aussi les complémentarités et les différences d’approche. Une ambition particulièrement importante pour Cités Unies France, alors que les collectivités continuent de faire le choix de l’ouverture sur le monde, du dialogue et de la coopération.
Cette matinée a également permis de rappeler que les collectivités ne prétendent pas résoudre, à elles seules, les crises internationales. Elles savent cependant que chaque partenariat entretenu, chaque projet mené en commun et chaque relation de confiance préservée contribuent, à leur échelle, à maintenir des espaces de dialogue et à construire les conditions d’un avenir partagé.
Les collectivités territoriales au cœur des nouvelles synergies de la diplomatie française
Le 25 septembre 2026, Cités Unies France a organisé au Palais du Luxembourg une nouvelle édition des « Rendez-Vous de la Diplomatie des Territoires », consacrée à l’action internationale des collectivités territoriales dans les zones géographiques prioritaires de la diplomatie française.
Réunis au Sénat autour de la question des « nouvelles synergies » entre diplomatie de l’État et diplomatie des territoires, élus, représentants du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et acteurs de la coopération décentralisée ont échangé sur les évolutions du contexte géopolitique et sur les complémentarités entre les différents niveaux de l’action internationale française.
Cette rencontre s’inscrit dans le cycle des « Rendez-Vous de la Diplomatie des Territoires », lancé par Cités Unies France en 2023 afin de mieux comprendre et valoriser les complémentarités entre diplomatie gouvernementale, diplomatie parlementaire et action internationale des collectivités territoriales.
Des priorités diplomatiques qui évoluent dans un environnement international en transformation
La matinée s’est ouverte avec Hélène Conway-Mouret, vice-présidente de la commission des affaires étrangères du Sénat, et Marianne Desset, maire adjointe de la ville d’Angers et représentante de Cités Unies France.
Créditphotos © Sénat / Cécilia LEROUGE
La première table ronde, consacrée aux priorités stratégiques renouvelées de la diplomatie française, était animée par Frédéric Blanc, délégué-adjoint pour les collectivités territoriales et la société civile au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Créditphotos © Sénat / Cécilia LEROUGE
Trois espaces géographiques ont notamment été abordés : l’Afrique, l’Indopacifique et l’espace transatlantique.
L’Afrique : repenser les partenariats
Marc Trouyet, conseiller spécial coordinateur à l’agenda du renouveau à la Direction Afrique et Océan Indien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a présenté les principaux enjeux auxquels la France est confrontée sur le continent africain.
Le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale ainsi que la Corne de l’Afrique concentrent des enjeux de sécurité, de stabilité politique, de développement économique et démographique. Dans ce contexte marqué également par la concurrence de nouvelles influences internationales, la diplomatie française cherche à redéfinir ses partenariats africains dans une logique plus partenariale.
L’Indopacifique : un espace stratégique majeur
Dana Purcarescu, ambassadrice chargée de l’Indopacifique au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a ensuite présenté les principaux enjeux de cet espace devenu une priorité stratégique croissante pour la France.
Sécurité maritime, routes commerciales, enjeux technologiques, montée en puissance de la Chine, climat et biodiversité constituent autant de dimensions d’une région dans laquelle la France entend affirmer son rôle de puissance résidente de l’Indopacifique.
Cette stratégie repose notamment sur la valorisation des collectivités ultramarines et leur intégration régionale, ainsi que sur la construction de partenariats de souveraineté avec les États de la région.
L’espace transatlantique : sécurité, défense et technologies
Emmanuel Mayer, sous-directeur d’Amérique du Nord au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a abordé les relations avec les États-Unis et l’OTAN, qui demeurent structurantes pour la France en matière de sécurité collective, de défense, de technologies et de coordination diplomatique.
Les enjeux commerciaux et la dimension maritime ont également été évoqués, la France disposant du deuxième domaine maritime mondial.
Les collectivités territoriales : une diplomatie de proximité et de long terme
La seconde table ronde a permis de déplacer le regard vers l’action internationale des collectivités territoriales et leur inscription dans les grands réseaux mondiaux de coopération locale.
Animée par Virginie Rouquette, directrice générale de Cités Unies France, cette session a rappelé la diversité des stratégies internationales développées par les collectivités françaises. Grâce à un cadre juridique souple et à la diversité de leurs partenariats, celles-ci interviennent dans de nombreuses régions du monde, tout en faisant émerger des tendances et des bassins d’engagement communs.
Cette pluralité des initiatives locales peut ainsi être envisagée comme participant à une dynamique globale de l’engagement international des collectivités, dont Cités Unies France est à la fois un acteur et un observateur.
Au Sahel, quelles perspectives pour la coopération décentralisée ?
Katja Kruger, conseillère régionale en charge des coopérations décentralisées et de la solidarité internationale au Conseil régional de Bretagne, a apporté un éclairage sur les conséquences des ruptures diplomatiques françaises au Sahel pour la coopération décentralisée.
Cette séquence a permis de questionner la capacité des collectivités à poursuivre et adapter leurs partenariats dans des contextes diplomatiques profondément transformés, et plus largement la manière dont la coopération entre territoires peut évoluer face aux recompositions géopolitiques.
L’Indopacifique : des coopérations territoriales diversifiées
Wilfrid Bertile, délégué aux relations internationales et au codéveloppement au Conseil régional de La Réunion, a présenté plusieurs repères sur la coopération décentralisée française dans l’Indopacifique, notamment avec la Chine, le Japon, la Corée du Sud et le Vietnam.
La position particulière de La Réunion illustre l’importance des collectivités ultramarines dans la stratégie française pour cet espace et leur capacité à inscrire les territoires français dans des dynamiques régionales.
Les collectivités au sein des réseaux mondiaux
Dernière intervenante de cette table ronde, Clare Hart, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole et porte-parole de Cités Unies France au sein de la commission des affaires statutaires de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), a mis en lumière l’implication stratégique des collectivités territoriales dans les grands réseaux mondiaux de collectivités.
Ces réseaux constituent en effet des espaces privilégiés de dialogue, de coopération et d’influence pour les collectivités, dans un contexte où de nouvelles collectivités, notamment issues de pays jusqu’alors moins présents dans le mouvement municipaliste mondial, investissent progressivement ces espaces.
Vers des complémentarités renforcées entre diplomatie nationale et diplomatie des territoires
Au fil des échanges, une question centrale s’est dessinée : comment mieux articuler les efforts de l’État et ceux des collectivités territoriales dans les zones où se concentrent les priorités stratégiques de la France ?
La coopération décentralisée repose sur des relations de pair à pair, inscrites dans le temps long, et permet aux collectivités de mobiliser des expertises et des savoir-faire locaux au plus près des réalités des territoires partenaires. Elle constitue ainsi une dimension concrète de l’action internationale française.
Dans le même temps, l’évolution du contexte géopolitique conduit les collectivités à accorder une attention croissante aux enjeux et aux outils de la diplomatie. Longtemps considérée comme un domaine principalement réservé à l’État, l’action internationale s’est progressivement développée au niveau local à travers la coopération décentralisée.
Le colloque avait précisément pour ambition d’identifier les convergences possibles, mais aussi de faire apparaître les différences d’approche et les complémentarités entre ces différents niveaux d’action.
Faire vivre une diplomatie française plurielle
Cette rencontre au Sénat aura ainsi permis de mettre en perspective deux dynamiques complémentaires : d’une part, l’évolution des priorités géographiques et thématiques de la diplomatie française ; d’autre part, la diversité et la permanence de l’engagement international des collectivités territoriales.
Dans un monde marqué par des crises multiformes et des recompositions rapides, la capacité à mieux articuler les expertises, les réseaux et les expériences de terrain apparaît comme un enjeu majeur.
Pour Cités Unies France, qui accompagne depuis 50 ans les collectivités françaises dans leurs coopérations internationales, l’enjeu est désormais de poursuivre ce dialogue afin de faire émerger des axes d’action concrets et des cadres de collaboration permettant de renforcer les convergences entre diplomatie nationale et diplomatie des territoires.
La matinée s’est conclue sur cette question : « Des convergences naturelles, possibles et souhaitables ? ». Une interrogation qui ouvre la voie à la poursuite du dialogue entre l’État, les collectivités territoriales et leurs réseaux, au service d’une action internationale française plus coordonnée et plus proche des territoires.
Les « Rendez-vous de la Diplomatie des territoires » sont réservés aux collectivités territoriales adhérentes de Cités Unies France.
Contact :
Simone Giovetti : s.giovetti@cites-unis-france.org