L’adoption du Pacte pour l’Avenir, mandatée par l’Action 55, marque un tournant pour les gouvernements locaux et régionaux (GLR). Désormais reconnus comme composante essentielle du multilatéralisme, les GLR œuvreront pour la redéfinition de la place des villes et des territoires dans la gouvernance mondiale, en tant que véritables partenaires des États et des institutions internationales, à travers la réalisation du Pacte.
L’année 2026 sera décisive. Elle accueillera ainsi en avril un processus de 100 jours dédié au multilatéralisme local - un cycle stratégique de convergence structuré autour d’événements intergouvernementaux clés tels que le Forum urbain mondial, le Congrès mondial de CGLU, le Sommet mondial des représentants des GLR ou encore, le Forum Politique de Haut Niveau 2026.
Cette convergence ne concerne pas seulement la « présence » des GLR dans les espaces mondiaux ; elle vise à renforcer la cohérence politique autour de la démocratie locale, des services publics et de la cohésion territoriale en tant que priorités fondées sur les droits, et à consolider la capacité des électeurs à traduire les réformes multilatérales en changements concrets pour les communautés, en particulier là où les inégalités, les conflits, les impacts climatiques et les contraintes budgétaires menacent les droits, la dignité et la protection sociale.
L’approche stratégique : trois tactiques, un objectif
D’abord, une architecture technique. Les GLR participeront directement à la conception institutionnelle et juridique des mécanismes au sein de l’ONU, en veillant à ce que cette participation soit structurée, prévisible et distincte de la société civile. Cette tactique implique de poursuivre le plaidoyer dans des canaux des Nations Unies tels que l’UNACLA, le Forum des GLR dans le Forum Politique de Haut Niveau, et l’ECOSOC via le Groupe-majeur des autorités locales.
Ensuite, faire avancer le programme en mettant en avant les priorités politiques – démocratie locale, services publics, cohésion territoriale, dans les négociations menant au cadre post-2030.
Enfin, il faut consolider la présence des GLR dans les espaces internationaux et forums régionaux pertinents, tout en assurant une cohérence avec la stratégie centrée sur les Nations Unies et en amplifiant l’influence du mouvement multilatéral local. Cela sera réalisé grâce à des mécanismes et des plateformes axés sur la localisation, tels que Urban20, Urban7, l’Observatoire mondial des finances et des investissements des gouvernements infranationaux, tout en maintenant un discours cohérent fondé sur les droits et des demandes politiques claires.
De fait, il apparaît comme essentiel de maintenir une position unifiée par l’intermédiaire de la Global Taskforce de CGLU. À mesure que la réforme des Nations unies se déroule, avec fermeté tant sur le plan programmatique que dans sa remise en question des mandats qui se chevauchent, il convient d’éviter tout risque de fragmentation. Une consolidation et un engagement organisé sont nécessaires non seulement en ce qui concerne la réforme de l’ONU, mais aussi dans le cadre du réalignement plus large des stratégies de financement du développement et de coopération internationale. Cela inclut le programme Global Gateway de la Commission européenne, le rôle croissant des agences des Nations unies qui canalisent les investissements directs vers des projets, et la visibilité croissante des organisations philanthropiques et des grandes organisations internationales, désormais positionnées comme des acteurs de premier plan plutôt que comme de simples soutiens financiers d’intérêts légitimes.
Le prochain Congrès mondial de CGLU lancera l’engagement collectif des GLR dans les débats post-2030, avec le Pacte pour le futur comme boussole politique et morale, et sera l’occasion de consolider son rôle en tant qu’un des autres espaces multilatéraux accompagnant les Nations unies.
Étapes clés et partenariats pour 2026
- Examen à mi-parcours du Nouvel Agenda urbain.
- Forum urbain mondial de Baku, du 17 au 22 mai.
- Congrès mondial de CGLU à Tanger, le 24 juin.
Parmi les événements du multilatéralisme local dans lesquels CUF participera, sont à noter :
-> Forum Politique de Haut Niveau 2026, du 6 au 15 juillet :
Sous les auspices du Conseil économique et social (ECOSOC), le thème du FPHN sera « Des actions transformatrices, équitables, innovantes et coordonnées pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et ses objectifs de développement durable pour un avenir durable pour tous ».
Les éléments suivants seront examinés :
- ODD 6. Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ;
- ODD 7. Garantir l’accès de tous à des services d’énergie abordables, fiables, durables et modernes ;
- ODD 9. Bâtir l’infrastructure résiliente, promouvoir l’industrialisation inclusive et durable, et favoriser l’innovation ;
- ODD 11. Rendre les villes et les établissements humains inclusifs, sûrs, résilients et durables ;
- ODD 17. Renforcer les moyens de mise en œuvre et redynamiser le partenariat mondial pour le développement durable.
36 pays seront représentés. À la fin du FPHN, le Forum des gouvernements locaux et régionaux se tiendra sous la forme d’une session spéciale ; où l’accent sera mis sur les ODD examinés cette année. Comme chaque année, des réunions d’experts seront également organisées par les Nations Unies pour chaque ODD examiné.
La Global Taskforce présentera au FPHN son rapport annuel intitulé « Vers la localisation des ODD ». Outre l’analyse de la participation des collectivités locales et régionales aux mécanismes nationaux de coordination pour la mise en œuvre des ODD et aux examens volontaires nationaux (EVN), le rapport développera la perspective locale dans le thème de cette année, en se basant sur les points d’entrée « Personnes, Planète et Gouvernement » et en couvrant les ODD examinés. Le rapport s’inscrira dans la stratégie générale de préparation du Sommet sur les ODD prévu en septembre 2027.
Les membres de la Global Taskforce sont invités à : manifester leur intérêt et leur engagement envers le rapport du GTF concernant ces autres événements à venir :
- Commission sur le statut des femmes (CSW70).
- Déclaration des gouvernements locaux et régionaux.
- Journée des GLR de la Global Taskforce. - Urban20.
- Urban7.
- Évaluation du Forum international sur les migrations.
- Forum des Maires des Nations Unies.
Favoriser la transformation écologique (2026)
En 2026, la transformation écologique reste une priorité centrale. Le LGMA coordonnera l’action des collectivités dans les trois Conventions de Rio (climat, biodiversité et désertification) dont les COP se tiendront cette année.
Cités Unies France sera présente à la Conférence sur l’eau des Nations Unies (2026), une réunion mondiale, co-présidée par les Émirats arabes unis (EAU) et le Sénégal, et prévue du 2 au 4 décembre 2026 à Abu Dhabi. Son objectif principal est d’accélérer la mise en œuvre de l’objectif de développement durable n° 6 (ODD 6) : garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous et assurer une gestion durable de ces ressources.
La Conférence sert de plateforme politique et opérationnelle pour relever le défi mondial de l’eau, notamment la raréfaction, la contamination et le manque d’assainissement. La conférence s’articulera autour de sessions plénières principales avec des discussions formelles entre chefs d’État, ministres et dirigeants, auxquelles notre circonscription a participé lors des dernières éditions.
6 dialogues interactifs sont prévus :
- L’eau pour les populations – droits humains et inclusion sociale : coprésidé par le Ghana et la Suisse.
- L’eau pour la prospérité – économie, énergie et systèmes alimentaires : coprésidé par la Chine et l’Espagne.
- L’eau pour la planète – climat, biodiversité et résilience : coprésidé par l’Égypte et le Japon.
- L’eau pour la coopération – coopération transfrontalière et gouvernance : coprésidé par la Finlande et la Zambie
- L’eau dans les processus multilatéraux – relier l’ODD 6 à des agendas plus larges : coprésidé par l’Allemagne et le Mexique
- Investissements pour l’eau – finance, technologie et renforcement des capacités : coprésidé par la France et l’Afrique du Sud
Une journée LRG, telle qu’organisée lors des précédentes conférences de l’ONU sur l’eau, est en cours de confirmation dans le cadre du programme officiel.
Contact :
Simone Giovetti : s.giovetti@cites-unies-france.org